Crise de la dette et vélo

mardi 1er novembre 2011

"La France vit au-dessus de ses moyens et ça ne peut plus durer. Les français vont devoir faire des économies, et le premier poste impacté sera celui de la voiture, qui arrive en seconde position des dépenses, juste après le logement".

Ce n’est pas un militant écologiste ou un adepte des déplacements à vélo, mais l’invité business de Radio classique, l’économiste de renom Philippe Dessertine, qui lançait sur les ondes ce message un matin du mois d’octobre. Alors, si même les économistes de renom commencent à proposer de diminuer l’utilisation de la voiture, c’est que la situation est grave.

Bien évidemment, le vélo a une très sérieuse carte à jouer dans cette mutation qu’il va falloir vivre. En effet, plus de la moitié des déplacements en ville font moins de deux kilomètres. La plupart sont donc directement faisables à vélo. Jusqu’à huit ou dix kilomètres, c’est encore dans le domaine du facile, et au-delà c’est plutôt réservé aux convaincus.

Mais, ne nous leurrons pas, économiser sur le poste "transports" ne se fera pas tout seul. Beaucoup feront de la résistance. Déjà aujourd’hui, on entend à la radio des informations sur les stations services distribuant l’essence au meilleur marché. On rogne petit. On fait des économies de bouts de chandelle, cherchant à refuser l’inéluctable jusqu’au dernier moment, reculant à la dernière extrémité le moment où "il va bien falloir y passer".

Et là, que découvre-t-on ? A la place des affres redoutées de l’effort auquel s’attendait un automobiliste, il découvre, en prenant le vélo, tous les plaisirs desquels il s’est privé, par ignorance, pendant si longtemps. C’est pourtant connu. 54% des copenhagois utilisant le vélo (soit 37% des trajets) le font parce que c’est la solution de déplacement, à leurs yeux de connaisseurs, la plus efficace et la plus agréable. Seuls 1% des interrogés évoquent des raisons écologiques. L’aspect financier se situe entre les deux.

Nous allons probablement vivre de grands changements, parfois causés par cette crise financière dont les media se font l’écho régulièrement. Si, pour certains cela se traduit par prendre le vélo à la place de la voiture, alors, le plaisir sera garanti.

Cela fait au moins une bonne nouvelle. Ne passons pas à côté.

Bonne route, à vélo

Hervé BELLUT
Directeur de l’Organisation Bus Cyclistes
Consultant en mobilité douce B2Cycle

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